Café

Un café est un établissement de commerce où le personnel sert le breuvage du même nom, et aussi, en règle générale, des boissons alcoolisées.



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Café (établissement) - Restaurant par type - Type de restaurant - Restaurant - Entreprise de restauration

Un café est un établissement de commerce où le personnel sert le breuvage du même nom, et aussi, en règle générale, des boissons alcoolisées. Les synonymes sont nombreux et fluctuent selon l'ancrage culturel de leur public ou de leur implantation géographique : bar, bistrot, troquet, estaminet, etc. Ce type d'établissement est quelquefois joint à un restaurant ou à un débit de tabac.

Le café occupe dans de nombreuses cultures une fonction principale comme lieu de rassemblement collectif ou de détente individuelle. On s'y rend pour prendre un repas léger, vivre une rencontre, jouer à des jeux de société, assister à des conférences publiques, pour lire ou pour écrire.

Le café n'est pas à confondre avec le coffee shop, terme anglais se traduisant néenmoins en café, désignant un type d'établissement fréquemment identique dans les pays anglophones, mais peut aussi désigner dans certains pays comme aux Pays-Bas un établissement où la consommation de cannabis est tolérée.

Histoire

Café en Palestine au XIXe siècle
Une sultane prenant le café que lui présente une négresse de Carle Van Loo
Un café du XVIIIe siècle

Le café a une longue histoire. Il s'est établi à l'origine au Moyen-Orient. En Perse où l'usage du café était particulièrement ancien, les cafés étaient nommés, au XVIe siècle, qahveh-khaneh. C'étaient des lieux de socialisation où les hommes pouvaient se rassembler pour boire du café, écouter la musique, lire, jouer ou écouter la lecture du Shâh Nâmâ, Dans l'Iran moderne, les cafés sont toujours fréquentés par des hommes, même s'ils ont fréquemment troqué les jeux de société et la musique pour la télévision. De ce pays, ils passèrent en Arabie puis en Turquie : le premier café ouvrit en 1554 à Constantinople.

Peu après, le café arriva en Europe. La passion pour le moka gagna Venise en 1615 et le premier café n'ouvrit à Vienne (Autriche) qu'en 1640. En Autriche, l'histoire des cafés débute avec la bataille de Vienne quand, les Turcs défaits, on saisit alors des sacs de fèves vertes. À Londres, où un jeune turc, Pasqua Rosée, ouvre le premier café, le public apprécie le goût de ce nouveau breuvage et , ensuite, leur nombre augmente jusqu'à plus de 2 000 à Londres au cours du XVIIIe siècle[1].

Il y avait deux conditions pour entrer dans un café : un petit prix d'entrée – un penny et le port de vêtements respectables et propres, certainement afin d'éviter les plus pauvres. À part cette restriction, n'importe qui y était le bienvenu, à la différence des clubs de gentlemen réservé à l'élite nantie. Thomas Macauley rédigé dans son roman History of England que le café est comme la seconde maison du Londonien, par conséquent fréquemment un visiteur chercherait un homme non pas chez lui, mais au café qu'il fréquente. Les cafés étaient au centre de la vie sociale. Personne ne pouvait persuader les habitués de ne pas s'y rendre.

Il existait avant l'établissement des cafés en Europe, des lieux de socialisation, mais c'étaient plutôt des tavernes, où les principales boissons sont alcoolisées et donc empêchent de conserver un esprit clair propice aux débats.

En France, ce fut un négociant qui avait séjourné à Constantinople qui introduisit le café à Marseille vers 1644, mais ce fut uniquement vers 1660 qu'il devint à la mode dans cette ville que Lyon ne tarda pas à imiter.

À Paris, un Levantin s'était établi, en 1643, dans une des petites boutiques du passage qui conduisait de la rue Saint-Jacques au Petit-Pont et y débita du café sous le nom de cahove ou cahouet ; mais cette tentative n'eut aucun succès. Ce fut uniquement en 1669 que l'usage du café se répandit à Paris, grâce à l'intendant des jardins du sérail du sultan, Soliman Aga Mustapha Raca que Mehmed IV avait envoyé à Louis XIV comme ambassadeur extraordinaire et qui offrait à ses visiteurs du café dans des tasses de porcelaine fabriquées au Japon.

Son exemple fut suivi, mais uniquement par les grands seigneurs, car la précieuse fève rare et recherchée valait tandis quatre-vingts francs la livre. Des envois importants et réguliers de l'Égypte et du Levant firent baisser sensiblement ce prix et le café en grains commença à se vendre dans plusieurs boutiques.

Enfin, en 1672, un Arménien, appelé Paxal, ouvrit à la foire Saint-Germain une maison de café comparable à celles qu'il avait vues à Constantinople. Encouragé par le succès qu'il avait obtenu, il transféra son petit établissement sur le quai de l'École, actuellement quai du Louvre ; il y donnait une tasse de café pour deux sous six deniers ; ce n'était pas cher et cependant la vogue ne se maintint pas et il dut bientôt fermer boutique pour se retirer à Londres.

Trois ou quatre ans après, un autre Arménien, appelé Malisan, ouvrit un café rue de Bussy et y vendit aussi du tabac et des pipes. Ayant cédé son commerce à son garçon, Grégoire, originaire d'Ispahan, son successeur vendit son café de la rue de Buci à un compatriote appelé Makara et se transporta en premier lieu rue Mazarine, près la rue Guénégaud, à côté du théâtre de la Comédie-Française. Quand celle-ci quitta cet emplacement pour aller rue des Fossés Saint-Germain (aujourd'hui rue de l'Ancienne-Comédie), en 1680, Grégoire la suivit et vint s'installer en face et y vit prospérer ses affaires.

Entre-temps un appelé Étienne d'Alep, avait ouvert un café rue Saint-André-des-Arts, en face le pont Saint-Michel. D'autres cafés se fondèrent, mais tous ces cafés gardaient leur caractère oriental ; c'étaient des réduits sales et obscurs où on fumait, où on prenait de la mauvaise bière et du café frelaté et la bonne société ne les fréquentait pas quand un Sicilien du nom de Francesco Procopio qui, en 1672, avait servi comme garçon chez Paxal l'Arménien ouvrit, en 1686, un café proposant boissons, sorbets, gâteaux et affichant les nouvelles du jour.

En 1677, Procope était possesseur d'un café rue de Tournon, enfin en 1702, il acheta à Grégoire l'établissement localisé en face de la Comédie-Française et qui porta désormais son nom, le Procope. Il le fit luxueusement décorer et eut bientôt une nombreuse clientèle. Le Procope vit par conséquent défiler nombre des écrivains de la capitale, comme Voltaire, Diderot, Rousseau, puis les révolutionnaires, américains en premier lieu, comme Benjamin Franklin, John Paul Jones ou Thomas Jefferson, puis français, comme les cordeliers Danton et Marat, reste actuellement un des rendez-vous parisien des arts et des lettres.

On pense qu'il avait presque 3 000 cafés à Paris à la fin du XVIIIe siècle[2]. Parmi ceux-ci, Le café Procope ou le café de la Paix, existent toujours actuellement.

Évolution de la place et du rôle du café dans la société

L'équipement du café au XVIIIe siècle

Catalyseur du siècle des Lumières, période particulièrement importante dans la formation du monde qui a élaboré une nouvelle philosophie mettant l'accent sur la rationalité et la logique dans l'objectif de battre en brèche la tradition, la superstition et la tyrannie qui régnaient alors, le café a changé le monde.

Les cafés sont devenus particulièrement vite un centre de diffusion des nouvelles et actualités. Les cafés étant des centres de transmission des renseignements, les discussions intellectuelles y ont naturellement prospéré. N'importe qui avait droit à la parole dans les cafés, même s'ils n'étaient pas gentilshommes ou riches.

Dans ces lieux, on discutait et on se disputait à propos de l'ensemble des grands sujets, religion, politique, arts. L'écrivain irlandais Jonathan Swift écrivit à un ami, suite à une visite dans un café : «I am not yet convinced that any Access to men in Power gives a man more Truth or Light than the Politicks of a Coffee House» (Je ne suis toujours pas convaincu que les informations des hommes de pouvoir aient plus de vérité ou apportent plus de lumière que les discussions politiques d'un café). C'est dans cette ambiance que les Lumières pouvaient promouvoir leur philosophie[3]. Circulait plus ou moins librement dans les cafés, celle-ci a ouvert la voie à deux révolutions importantes, la Révolution française et la Révolution américaine. D'ailleurs, durant leur séjour en France, les Insurgents américains John Paul Jones, Benjamin Franklin ou Thomas Jefferson fréquentèrent le café Procope. Ce dernier y conçut même – dit-on – son projet de constitution des États-Unis en 1758.

Les cafés et les philosophes des Lumières

Voltaire et Diderot au Procope.

Parmi les Philosophes des Lumières anglais et français, on compte des habitués des cafés, selon le témoignage de leurs œuvres ou dans leurs biographies : Anthony Collins, John Locke, Denis Diderot, Houdar de La Motte, Montesquieu, Voltaire ou Jean-Jacques Rousseau.

Dans une biographie d'Anthony Collins[4], on lit qu'il fréquentait les cafés où il pouvait discuter avec les déistes et les athées, ce qui lui a procuré énormément de plaisir. Dans son œuvre, le Neveu de Rameau, Denis Diderot évoque sa distanciation des évènements et évoque le refuge donné par le café de la Régence où il pouvait jouer aux échecs et observer et converser avec tous, y compris avec des excentriques. Jean-Jacques Rousseau dans les Confessions, parle aussi de ses visites au café à l'ensemble des heures de la journée. Il rédigé : «Voltaire avait la réputation de boire 40 tasses de café chaque jour pour l'aider à rester éveillé pour penser, penser, penser à la manière de lutter contre les tyrans et les imbéciles» [5]. Montesquieu rédigé que le café est préparé dans une façon qui fait de ses consommateurs des hommes plus spirituels, et que personne ne quittant un café ne le faisait sans se sentir quatre fois plus spirituel que quand il y était entré[6])

Le café et les cafés ont par conséquent apporté l'environnement indispensable à la diffusion des pensées des philosophes des Lumières. Ils ont été deux catalyseurs du siècle des Lumières.

Époque contemporaine

Parmi les cafés célèbres du XVIIIe siècle, on peut citer le café Procope, le café de Foy, le café de la Régence, le café de la veuve Laurent et le café Gradot qui étaient des lieux de conversation et de débats. Ils complètent la cartographie des espaces mondain et littéraire.

Certaines villes ou quartiers sont particulièrement connus pour leurs cafés.

En Amérique du Nord, les coffee shops sont des établissements équivalents mais au fonctionnement ainsi qu'à l'offre quelquefois différente. Depuis les années 1980, de grandes chaînes ont émergé et dominent le marché :

Avec la mondialisation de l'économie, ceratines sont parties à la conquête du marché mondial, mais sans compter la croissance rapide, par exemple, de Starbucks au niveau mondial, cette enseigne a annoncé le 1er juillet 2008, la fermeture de 600 de ses établissements dans son pays d'origine.

Notes

  1. Timeline du café
  2. Matt Dahl, Demystifying the Bean, Boundless Webzine 1999
  3. Pelzer and L. Pelzer «Coffee Houses of Augustan London», History Today, October 1982, p. 40-7
  4. Stanford Encyclopedia of Philosophy
  5. Rousseau sur Voltaire
  6. [[pdf]Qu'est que la torréfaction à la française ?, 15 février 2003, t. 1, Issue 1

Voir aussi

Terrasse de café parisien

Les cafés comme lieux culturels

  • Culture des cafés
  • Café-concert
  • Café littéraire
  • Café philosophique
  • Cybercafé
  • Manga café

Lien externe

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 18/11/2009.
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